
En France, lorsqu’un salarié met fin à son contrat de travail de sa propre initiative, il ne peut pas prétendre aux allocations chômage. Cette aide est en principe réservée aux personnes involontairement privées d’emploi. Cependant, une situation spécifique offre une seconde chance aux démissionnaires. Même si vous n’avez pas un motif légitime (comme un suivi de conjoint ou un projet de reconversion), l’Assurance chômage prévoit un mécanisme de réexamen qui, au bout de 4 mois, permet de réévaluer votre situation. Pour en bénéficier, il faut toutefois suivre une procédure précise et prouver votre engagement actif dans la recherche d’un nouvel emploi. Plus d’explications dans les paragraphes suivants.
Comment fonctionne le réexamen de dossier après 121 jours ?
Il s’agit en réalité d’une sorte de filet de sécurité. Après avoir démissionné et si France Travail vous a notifié un refus d’indemnisation, vous entrez dans une période de 121 jours calendaires durant laquelle vous ne toucherez aucune allocation. Au terme de ce délai, vous pouvez solliciter un réexamen de votre dossier.
Cette demande est transmise à l’Instance Paritaire Régionale (IPR), une commission spécifique composée de représentants des employeurs et des salariés. Sa mission est d’étudier votre situation et de déterminer si elle justifie une ouverture de droits à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE).
Comment prouver sa recherche active d’emploi durant les 4 mois ?
La décision de l’Instance Paritaire Régionale repose entièrement sur l’analyse des efforts que vous avez fournis pour retrouver un travail. Pour la convaincre, vous devez donc constituer un dossier solide attestant de vos recherches continues et sérieuses pendant les 4 mois écoulés. Les preuves à fournir doivent être tangibles et variées. Il peut s’agir :
- des copies des candidatures envoyées (emails, lettres de motivation…) ;
- des réponses obtenues, même les négatives ;
- des attestations d’inscription à des agences d’intérim ;
- des convocations à des entretiens d’embauche ;
- de la participation à des salons de l’emploi ou à des formations ;
- de tout document prouvant que vous avez activement tenté de mettre fin à votre période de chômage.

Que faire après démission pour récupérer ses droits au chômage ?
Si vous avez démissionné pour un motif non légitime, vous devez agir avec méthode pour mettre toutes les chances de votre côté afin de récupérer vos droits au chômage après 4 mois. La première action indispensable est de vous inscrire comme demandeur d’emploi auprès de France Travail. Vous devez le faire immédiatement après la rupture de votre contrat, même en sachant que vous ne serez pas indemnisé dans un premier temps. C’est cette inscription qui fait courir le délai de 121 jours.
Pendant les 4 mois qui vont suivre, concentrez-vous sur la constitution de votre dossier en conservant toutes les preuves de vos démarches de recherche d’emploi. Une fois les 121 jours calendaires passés, vous pouvez contacter votre conseiller France Travail pour lui faire part de votre souhait de demander un réexamen. C’est lui qui transmettra votre dossier à l’IPR. Si la commission rend un avis positif, vos droits à l’allocation chômage seront ouverts à partir du 122e jour.

Experte en ressources humaines et formation, Elisabeth met en avant les meilleures pratiques en matière de gestion du personnel et de recrutement.
